Jean Daetwyler (1907-1994)

Compositeur, chef d’orchestre et de chœur, directeur de fanfare et de groupe folklorique, Jean Daetwyler est né à Bâle en 1907. En 1913, sa famille s’installe à Bulle. Il commence des études de violon et de trombone dans cette même ville avec Raphaël Radraux. Puis de1927 à 1938, il poursuit une formation supérieure à Paris au Conservatoire, à la Schola Cantorum puis à L’Ecole César Franck. Il y fréquentera les cours de Vincent d’Indy, Jean de Valois, Guy de Lioncourt, Albert Bertelin, et Paul Leflemme. Pour subvenir à ses besoins durant ses années parisiennes, J. Daetwyler devient musicien de cinéma muet. A l’apparition du cinéma parlant, il diversifie ses sources de revenus et s’engage comme violoniste et tromboniste dans divers orchestres dont celui du Casino de Paris et des Folies-Bergères. En 1933, il épouse Augusta Folly de Bulle qui lui donnera trois enfants et le soutiendra tout au long de sa carrière.

En 1938, la seconde guerre mondiale l’oblige à regagner la Suisse. Il s’établit à Sierre où il dirige l’harmonie municipale La Gérondine durant 40 ans (1938-1978) et le chœur mixte Ste-Cécile (1942-1981) de la Paroisse Sainte-Catherine ainsi que La Chanson du Rhône (1948-1991) et d’autres chœurs et formations (Fanfare L’Avenir de Chamoson, La Saltina de Brigue, le chœur d’hommes de Venthône) pour lesquelles il composa. Dès 1940, il collabore activement avec Aloys Theytaz qui signera les textes de près de 300 oeuvres mises en musique par J. Daetwyler. En 1949, il fonde, avec Georges Haenni, le Conservatoire cantonal de musique. En outre, il écrira la musique de plusieurs films de Roland Muller qui seront primés au Festival de Cannes : Terre valaisanne (1952), Horizon blanc (1957), Barrage(1960).

Son parcours artistique lui a permis de composer pour toutes les formes du langage musical et pour toutes sortes d’ensembles : chant et piano, musique de chambre, concertos, musique symphonique ou pour harmonie, musique pour pièces radiophoniques, œuvres chorales profanes et sacrées. Dès 1970, ses concertos pour cor des Alpes dédiés à Joszef Molnar, l’ont rendu célèbre au plan national et international, de même que sa célèbre marche Marignan (1939) et ses choeurs Le Rhône danse, et Les forgerons ou la Suite anniviarde (1954). Une de ses principales source d’inspiration, selon ses propres termes, a été la nature d’où le caractère pastoral de plusieurs de ses partitions. Il a chanté la montagne, la vigne et ses travaux ainsi que la liberté laquelle a donné lieu à une symphonie.

On peut relever que peu de bibliothèques suisses abritent un fonds qui concerne à la fois le milieu amateur et le milieu professionnel. N’oublions pas qu’il a dirigé une trentaine de fois l’Orchestre de chambre de Lausanne. Ses talents de pédagogue ont également marqué ses élèves. Son rôle d’expert lors de concours fut très apprécié. L’étude des documents musicaux ou non du fonds J. Daetwyler, illustre le Valais de sa génération, au-delà des faits purement artistiques de sa biographie.